le dimanche à Bamako (ou à la bibliothèque…)

décembre 13, 2008

Et hop, le dimanche.

Je lis ce qui s’écrit sur biblio-fr sur le travail le dimanche. Et je trouve les conversations très intéressantes.

Bien sûr, les arguments sur la préservation de la vie familiale et d’un jour où on ne consomme pas sont bons. Le dimanche, c’est fait pour autre chose que consommer.

Oui mais aller à la bibliothèque, est-ce consommer? Je ne le crois pas. En tout cas c’est consommer du produit culturel, et pas un canapé ou une voiture, qui s’achètent en famille, comme je l’ai entendu. Et on peut aussi aller à la bibliothèque le dimanche. Je l’ai vu dans certaines bibliothèques ouvertes : le dimanche, le public est nombreux, et content.

Et là revient mon leitmotiv du moment : un service public doit offrir autre chose qu’un service marchand. Du coup, on peut être contre l’ouverture du dimanche des supermarchés ou de Ikéa, mais pour l’ouverture le dimanche des bibliothèques. Aller à la bibliothèque, ce n’est pas aller à Ikéa (même quand le mobilier est fun). Donc je suis pour l’ouverture le dimanche dans les services publics culturels.

Mais, évidemment, ouverture le dimanche a pour réciproque travail le dimanche. Et c’est là que ça devient plus compliqué : un agent qui aurait pu aller en famille dans une bibliothèque ou des musée un dimanche ne le pourra pas s’il travaille lui-même dans sa bibliothèque, ça se comprend.

Oui mais là je reviens au service public, et à un de ses attributs essentiels : la notion d’intérêt général. Pour l’intérêt général, on sacrifie des intérêts particuliers. Pour que la population puisse aller à la bibliothèque le dimanche, il faut que des agents travaillent.

Je suis prête à travailler le dimanche pour satisfaire l’intérêt général, et pour que ma bibliothèque assume ses missions de service public. Mais pas sans conditions : il est hors de question de travailler tous les dimanches, il n’est pas question non plus que le dimanche soit assuré en majorité par des vacataires, étudiants ou non. Enfin, il n’est pas question de n’avoir aucune compensation financière ou en jours de repos. Mais un dimanche sur 4 ou 5, avec du personnel titulaire et vacataire au maximum à égalité, voire des créations d’emplois supplémentaires, et des compensations, je suis pour.

Et là, je me demande si je suis à Disneyland…

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One Response to “le dimanche à Bamako (ou à la bibliothèque…)”

  1. elfie dit :

    Tu as résumé parfaitement ce que je pense et aussi les difficultés que l’on rencontre quand on ose aborder le sujet lors de réunion de -thécaire. Aller à la bibliothèque, au musée relève d’une sortie culturelle pas d’une sortie pour achats. Après un petit sondage dans ma petite bibliothèque, je me suis rendue compte que les gens avaient plutôt un avis favorable car la semaine c’est travail en ville et le weekend on reste dans sa petite ville dortoir et qu’est ce qu’il y a faire ? RIEN. Alors entre passer son weekend dans la ville où on travaille ne donnant pas envie, les gens restent chez-eux à regarder… Mais oui le problème reste la mise en application dans des petites communes comme la mienne par exemple.. Toute seule à travailler, pas de bénévoles donc je suis pas prête de voir ma bibliothèque ouverte le dimanche. Les soirs jusqu’à 20h… peut-être…
    En tout cas merci pour ce petit billet qui recadre bien les choses

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